À cent sous de l’heure

Vincent Delerm reconnaît avoir eu pour modèles peu avouables Daniel Balavoine et Joe Dassin. Sursaut étonné de ma quarantaine nourrie de shows pailletés et de révoltes étudiantes. Je les fredonne encore et je n’en ai pas honte. Il regrette de ne pas pouvoir aller plus souvent s’ennuyer à Rouen. L’agacement me gagne. Certes, ce garçon a un joli brin de plume, mais, à prendre ce ton vaguement méprisant, à cultiver une nonchalance molle, il s’éloigne des grands métaphysiciens de l’ennui. N’est pas Moravia qui veut. Ses chansons passeront-elles le cap de la décennie ? Je ne me prononce pas. En revanche, sans révolte, sans douleur, sans mélancolie, sans bohême, il est peu probable qu’on le voit un jour apostropher un président de la République ou s’écraser en hélicoptère dans le désert après avoir cru qu’il pouvait changer le monde.



forum