Les séquences Ecriture des Enfants de La Comédie, Sèvres 2002-2003

Travail sur la rime

Il s’appelait Martin.

Un jour, en croquant dans un bout de pain,

Il aperçut son parrain.

Il lui fit un gros câlin

Et lui dit qu’il avait vu un lutin

Accompagné d’un nain.

Bien sûr, ce n’était que du baratin.

Bien qu’il soit parisien

C’est un très bon marin

Qui, au cours de ses voyages, a vu des requins.

Imitant son héros préféré Tintin,

Il part au Pôle voir des pingouins.

Ce jeune héros des mers prénommé Quentin,

Aime les animaux, ça c’est certain.

Les bios imaginaires

Josette Opoil 1942-1991

Née au Pakistan et morte au Pakistan.
Esthéticienne pakistanaise très célèbre pour son invention nommée : l’épilation. Dès l’âge de cinq ans, elle se rapproche de sa destinée : les poils. Elle a en effet totalement épilé son chien grâce à une plaque de colle. Elle déménage en France à dix ans où elle passe ses journées dans les bureaux de manucure et maquillage, obtient son diplôme d’esthéticienne à 16 ans et ouvre son premier salon à 18. C’est lors d’une nuit d’insomnie qu’elle trouve l’idée d’une cire épilatoire. Commencent alors des années de recherche qui aboutissent à une cire aujourd’hui appelée : « cire dépilatoire ». Elle repart au Pakistan à quarante ans afin d’apporter à son pays natal sa découverte. Elle s’éteint quelques années plus tard laissant derrière elle une création mondiale et utile.


Jean-Marc Calgar

L’honorable Jean-Marc Calgar est né en l’an 36 800 après le début du règne de notre empereur, loué soit-il. Il grandit et fut élevé sur Macrage où il fut entraîné au combat par son père, le grand Yannick Calgar. Il grandit donc dans la haine des ennemis de notre empereur, loué soit-il. Il commença sa carrière en tant qu’ultramarine classe Space Marine mais il gravit vite les échelons et devint commandant. Il tomba entre-temps amoureux de la chanoinesse de Macrage qui lui fit un enfant : Marneus. Après de nombreux autres combats gagnés, il faillit devenir grand maître de chapitre mais fut tué par le dévoreur d’une de ces racailles d’extra-terrestres en l’an 40 000. Heureusement, son fils prit la relève et devint, lui, grand-maître en l’an 41 000. Marneus Calgar veille maintenant sur vous.
Signé : l’Inquisiteur Czevach au conclave de Hor, votre Honneur et votre vie, que nul ne puisse le contester.

NOTRE HISTOIRE (extraits)

Episode 2 : La ville aux deux visages

Hortense

J’aime bien me balader dans ma petite ville. Elle est plutôt petite et se veut verdoyante. Je dis « se veut » car elle ne l’est pas vraiment. Si je devais la décrire, je dirais que c’est une rue, agrémentée de chemins perpendiculaires. Elle est en bord de mer.
La grande rue est ordonnée, bordée par des cafés, des magasins et des restaurants. Le petit centre ville, touristique en été, est désert en hiver. Les habitations sont situées dans les rues perpendiculaires. J’habite par là, dans une grande maison entourée d’arbres, mais je doute que cela vous intéresse.
La digue qui longe le bord de mer est sûrement l’endroit le plus agréable de cette ville qui devient de plus en plus détestable. Elle qui était si propre, si joyeuse, animée et belle, elle est aujourd’hui bien différente. Les clochards sont des figures locales, les gens sont devenus grincheux et trop sûrs d’eux. Leurs garnements piétinent les plantes, décourageant les jardiniers qui ne font plus d’efforts.
Mais, et allez savoir pourquoi, j’aime m’y balader. L’atmosphère déplorable me permet de penser à différentes choses.
Je ne me rends plus souvent sur la plage. Ma petite plage adorée s’encombre d’ordures, de mégots et autres détritus à l’abandon. Je ne vous conseille pas de venir là-bas, c’est-à-dire chez moi.

Max

J’adore ma ville. Au juste, il y a parfois (au moins une fois par semaine) du brouillard. Je m’en moque, quel que soit le temps qu’il fait, je plonge, à la recherche des trous bleus. Tenez, une fois, je me suis retrouvé pris par le mauvais temps. J’étais en train de nager sous l’eau, quand, d’un coup, j’entends un grondement ressemblant à celui du tonnerre. Je remonte à la surface et me voici face à un ciel noir plein d’éclairs. Soudain, il n’y a plus qu’un seul bruit que j’entends s’approcher. Je me retourne et m’aperçois que c’est le bruit d’une énorme vague qui s’abat sur moi. J’ouvre grand les yeux et j’entends le chant d’une mouette et les vagues qui s’échouent sur la plage. C’est dans ces moments-là que j’aime le plus l’endroit où je vis.

marcel et Joe
- Eh ! Joe ! C’est délire cette ville, on va aller acheter de la bière !
- Eh, marcel ! Tu te crois à Cactus-sur mer !
- T’as raison ! Cactus-sur mer, la huitième merveille du monde !
- Cactus-sur-mer, sa plage, son phare ! Ah, ah ! Allez, viens, on va se baigner une fois.
- T’es fou toi ! La mère Pestouille, elle jette ses ordures sur la plage et ça y sent mauvais.
- Bon, alors qu’est-ce qu’on fait mon vieux marcel ?
- On n’a qu’à reluquer pour voir si on voit pas le lutin aux oreilles pointues.
- T’as raison ! C’est inquiétant un lutin à Cactus-sur-mer.
- Ah, mon sacré Joe, t’es trop marrant !
- Faut bien rigoler un peu ici, y’a pas grand-chose à faire.

Oreilles Pointues

Je les ai entendus, ceux d’ici. Ils disent : « magnifique ville ». Pour moi, le seul endroit magnifique, c’est le quartier où je vis. En dehors, il n’y a que des murailles grises d’immeubles qui détruisent la nature et un bel espace pour un parc, un jardin.
Mais, dans mon quartier, la nature a encore une place importante. Nous sommes juste à la lisière de la forêt. J’aime me promener parmi les arbres, surtout de nuit. Je peux y ramasser des feuilles pour mon herbier. Il y a un petit ruisseau joyeux qui coule tout près qui devient un fleuve horrible, pourri, dégoûtant, qui passe sous des ponts gris quand il arrive au milieu de la ville.
Ici, un peu à l’écart, aucun arbre, aucune plante n’a été coupée. C’est très beau.
Un jour, la toute-puissante madame Pestouille a voulu emménager au centre ville. Heureusement que Philibert a fait une attaque, sinon, je ne sais pas ce que j’aurais fait.
Mais, si magique que soit mon quartier, je ressens une sorte de nostalgie, d’un lieu que j’aurais connu et qui me manque. Je rêve de forêts, de sources claires et de hautes montagnes habitées par d’étranges animaux. Je rêve de maisons de bois.
Même si mon petit quartier ressemble à une carte postale, j’aimerais en recevoir d’un autre endroit, plus beau encore.
Il y a aussi la mer, à l’ouest. Un bel océan mais qui n’est pas assez...je ne sais pas comment dire... Il manque quelque chose ici. Ce monde a dû oublier quelque chose. Je voudrais vivre là où ce quelque chose serait éveillé, où la nature serait reine. Il faut que je m’en aille, j’étouffe, je dois partir immédiatement mais je ne sais pas comment...