Les alexandrins greffés

Greffer entre eux des alexandrins célèbres pour en faire naître de nouveaux en laissant libre cours à sa fantaisie, son imagination, sa sensibilité poétique, est un exercice cher aux oulipiens. (cf :L’Oulipo, OUvroir de LIttérature POtentielle fondé par Raymond Queneau et François Lelionnais).
Nous avons convoqué des auteurs aussi célèbres que Rimbaud, Verlaine, Baudelaire, Molière, La Fontaine, Lamartine, Rostand, Maupassant, Ronsard, du Bellay, Vigny, Hugo, Racine, Corneille, Leconte de Lisle, pour nous aider à devenir poètes.



Les alexandrins greffés de Juliette

Le sable rouge est comme les roses de la vie.

Adieu, doux compagnons, et que le jour finisse !

Il faut partir à point sur les ailes du temps.

Nous étions seul à seule au sommet de ces monts.

Sois sage, ô ma douleur. Dans les champs pleins de neige,

Leurs amours chanteront sur la lune enflammée.

Couronnée de bois sombres, mon âme est en silence,

Rien ne sert de courir, laisse faire le temps.






Les alexandrins greffés de Servane

Sur les ailes du temps, les libres voyageurs

De brume étaient couverts, dans les champs pleins de neige.

La tristesse s’envole, la solitude effraie.

Nous étions seul à seule, couronnés de bois sombres.

J’erre parmi les plaines, mon coeur est en repos,

Au sommet de ces monts,mon âme est en silence.

J’irai par les sentiers, je ne parlerai pas,

Je ne penserai rien. Laisse faire le temps.

Sois sage, ô ma douleur. Sur la lune enflammée,

Pensive, tu te penches, étrange et pénétrante.

Les nuages couraient. Ils courent. Effarés.

Rien ne sert de courir comme un éclat de rire.

Je fais souvent ce rêve, peut-être, mais tout seul.

Ceux qui sont amoureux frémissaient sous les saules.

Par les soirs bleus d’été, leurs amours chanteront.

Adieu, doux compagnons, et que le jour finisse,

Adieu charmants complices, que le jour recommence !

Cueillez, dès aujourd’hui, une âme de vingt ans.