Été tactile

Ce que je supporte et ce que je ne supporte pas.

L’éponge rêche du gant de toilette qui crisse depuis la pulpe du bout des doigts jusqu’à l’oreille en passant par les dents qui se crispent. Ça, je ne supporte pas.

La cheville saisie par l’anneau glacé de la première vague de l’année. La plante des pieds, blême et maladive, sortant de onze mois d’enfermement qui se défripe entre sable humide et écume gelée. Non seulement je supporte, mais j’en redemande.

Ce que j’aime et ce que je déteste.

Je déteste le minuscule, sec et sournois grain de sable, planqué sous l’ongle.

J’aime le grain de sel. Celui qui reste après évaporation. Au creux de la paume, dans le pli du bras, sur la rondeur de l’épaule.

Il y a ce que je hais et ce que j’adore.

Ma haine va à l’anse du pack d’eau, à toutes les anses de tous les packs de lait, de tous les barils de lessive, de tous les kilos de pommes de terre, qui font du boulevard à double circulation, des feux rouges décalés, du digicode à quatre chiffres et une lettre, des trois étages sans ascenseur, d’impitoyables ennemis de la peau si fine du poignet marquée de vilaines stries rouges à l’issue de ce combat quotidien et barbare.

J’adore un torse chaud, viril et doux.

Des mains qui se cherchent, se croisent et s’étreignent. c’est, tout simplement ce que je préfère.